merlin

merlin

vendredi 13 septembre 2013

Le jugement de Tirésias

"[O]n raconte qu'un jour Jupiter, mis en gaieté par le nectar, délaissa ses graves occupations et se livra à de plaisants badinages avec Junon, alors de loisir : "Sans aucun doute, aurait-il dit, la volupté que vous éprouvez est plus grande que celle que ressent l'homme." Junon le nie. Ils décidèrent de demander l'avis du docte Tirésias.

Celui-ci connaissait bien les plaisirs de Vénus chez l'un et l'autre sexe. Il avait, en effet, d'un coup de bâton, troublé l'accouplement, dans une verte forêt, de deux grands serpents. D'homme transformé alors, ô prodige ! en femme, il avait ainsi passé sept automnes. Le huitième venu, il revit ces mêmes serpents et : "Si vraiment, dit-il, telle est la puissance d'un coup reçu par vous qu'il change en sort contraire le sort de celui qui le donne, je vais vous frapper encore maintenant." Au coup qu'il porta aux serpents, il reprit sa forme première et la figure qu'il avait à sa naissance.

Tirésias donc, pris pour arbitre, dans ce plaisant débat, corrobore ce que dit Jupiter. La fille de Saturne en conçut, dit-on, plus de dépit qu'il n'était juste et que ne le méritait le sujet ; et elle condamna les yeux de son juge à la nuit éternelle. Mais le père tout-puissant - car il n'est permis à aucun dieu de détruire l'oeuvre d'un dieu, - en compensation de la perte de la lumière, lui accorda de connaître l'avenir et adoucit le châtiment par cette faveur."

Les Métamorphoses, Ovide, traduction par Joseph Chamonard, GF, 1966.

Ah, la mythologie greco-romaine, toujours pleine de sagesse, et d'enseignements sur les sujets les plus essentiels !

Mais qu'en pensez-vous, ô belles lectrices ?

9 commentaires:

  1. Pas foule, aujourd'hui. Je savais bien que j'aurais du intituler ce billet "orgasme masculin, orgasme féminin". Un reste de bon goût m'a retenu.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Mon bon ami, tu es bien impatient. Attends au moins qu'on lise ton billet.

      La gauloiserie dans mythologie gréco-romaine est souvent rafraichissante.

      Supprimer
  2. Vous auriez encore plus de succés en incluant dans vos titres des noms de ministres actuels suivis de "fripouille" ou "paillasson pour émigrés" etc.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. En connaitriez-vous de tels, Michel ?

      @ Mat : votre billet s'adresse au beau sexe. Pas très pourtousse, tout ça :-/

      Supprimer
    2. @ Michel Desgranges : certes, mais ce blog n'étant pas consacré à la mythologie nordique, j'aimerais éviter d'y faire venir des trolls, qui sont gens discourtois et que de tels titres attirent.

      @ Al West : c'est que vous n'assumez pas votre part féminine. Laissez s'exprimer la belle lectrice qui est en vous.

      Supprimer
    3. A l'âge où le toucher rectal -je viens de l'apprendre, c'est donc "tout chaud" si je puis dire- menace pour une palpation de la prostate, je me demande comment prendre ce que vous me dites-là, cher Mat.

      J'en parlerai à mon médecin -qui n'est pas gynéco, je tiens à le dire -)

      Supprimer
  3. Bon allez, bien que ma part féminine soit assez réduite, je le crains, je me lance : bien sûr que Tirésias a raison. Pas besoin d'avoir changé de sexe pour le savoir, juste un peu d'expérience de la vie. Ca me semble d'ailleurs dans l'ordre des choses : la contrepartie du fait que le plaisir féminin est moins "immédiat" et plus aléatoire, si je puis dire.
    La nature est bien faite.
    Bon, mais la question que je me pose moi, c'est : pourquoi Junon s'est elle offensée de cette "révélation"? Et pourquoi punir Tirésias par la cécité? (plutôt qu'en lui coupant les couilles, par exemple...)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Junon était assez caractérielle, si on en juge par son rôle ordinaire dans les mythes antiques.

      Supprimer