merlin

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mardi 15 octobre 2013

Arrête ton charre, Rabbia !

Comme je vous le confiais récemment, ma diète littéraire est plutôt réduite, ces derniers jours, du fait de l'éloignement de ma bibliothèque. Une privation cruelle, pour quelqu'un qui a l'habitude de toujours avoir plusieurs livres en train en même temps. Enfin, j'avance dans ma relecture de Gagner la guerre.

A un moment donné, notre fringant héros, Benvenuto Gesufal, se trouve contraint de prendre la poudre d'escampette, poursuivi par toute la soldatesque de sa ville pour un crime qu'il n'a pas commis. Enfin, j'imagine que ce serait le cas dans un roman de cape et d'épée plus classique, mais bref...

Acculé dans une écurie par une troupe de sicaires, conduite par le redoutable spadassin Rabbia Mezzasole, notre preux chevalier se voit sommé de ne pas faire de grabuge. Il y répond par une réplique cinglante :

"Arrête ton charre, Rabbia !"

Le jeu de mot est transparent, mais quelle curieuse manière d'orthographier "char" ! Avais-je pris Jaworski en défaut ? Une faute aussi déshonorante avait-elle échappé à sa vigilance ? Le grand homme vacillait sur son piédestal ! Allais-je devoir, comme le fier Sicambre, brûler ce que j'avais adoré ?

Je n'osai y croire. J'entrepris des recherches, qui m'amenèrent à découvrir l'origine de l'expression. Celle-ci repose sur un jeu de mot entre le char (le véhicule) et le charre (l’exagération, du verbe "charrier"), chose que j'ignorais tout à fait. Jaworski, en choisissant cette orthographe, rappelle donc à ses lecteurs un mot qui me semble aujourd'hui bien oublié.

Finalement, non seulement je n'ai pas à brûler le livre, mais j'ai appris quelque chose.

Pour conclure : mes derniers billets ici, j'en suis conscient, ne s'envolent pas vers les cimes de l'intellectualité. Le niveau est peut-être meilleur là-bas. J'essaierai de toute façon de faire mieux, dès que mon déménagement sera achevé.

5 commentaires:

  1. On voit que vous n'avez jamais été lecteur de San-Antonio, vous…

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    1. J'avoue d'affreuses lacunes dans ma culture littéraire.

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  2. Je connaissais "Arrête ton char Ben-Hur, les roues sont voilées"; là au moins pas de risque de se tromper.

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