merlin

merlin

dimanche 8 décembre 2013

Noël chez George Sand

"Ce que je n'ai pas oublié, c'est la croyance absolue que j'avais à la descente par le tuyau de la cheminée du petit père Noël, bon vieillard à barbe blanche, qui, à l'heure de minuit, devait venir déposer dans mon petit soulier un cadeau que j'y trouverait à mon réveil. Minuit ! Cette heure fantastique que les enfants ne connaissent pas, et qu'on leur montre comme le terme impossible de leur veillée !

Quels efforts incroyables je faisais pour ne pas m'endormir avant l'arrivée du petit vieux ! J'avais à la fois grande envie et grand-peur de le voir : mais jamais je ne pouvais me tenir éveillée jusque là, et le lendemain, mon premier regard était pour mon soulier, au bord de l'âtre.

Quelle émotion me causait l'enveloppe de papier blanc, car le père Noël était d'une propreté extrême. [...] Ce n'était jamais un don bien magnifique, car nous n'étions pas riches. C'était un petit gâteau, une orange, ou simplement une belle pomme rouge. Mais cela me semblait si précieux que j'osais à peine le manger. [...]

Je me rappelle fort bien la première année où le doute m'est venu sur l'existence réelle du père Noël. J'avais cinq ou six ans, et il me sembla que ce devait être ma mère qui mettait le gâteau dans mon soulier. Aussi me parut-il moins bon et moins beau que les autres fois, et j'éprouvais une sorte de regret de ne plus pouvoir croire au petit homme à barbe blanche."

George Sand, Histoire de ma vie, 1855.

6 commentaires:

  1. Georges Sand avec un "s" à George ?
    Que vous arrive-t-il ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Elle a dû être dégenrée sans qu'on nous en avertisse…

      Supprimer
  2. Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Trop facile ! En chemise, à genoux, la corde autour du cou, les clés de la ville sur un coussin, et plus vite que ça !

      Supprimer
  3. Je ne vois sur ce blog nul hommage à Madiba "l'amphore d'huile sacrée" Rolihlahla.
    Comment cela se fait-il?
    Vous feriez bien d'y remédier au plus tôt, sans quoi la corde autour du cou vous paraîtra une aimable plaisanterie, je peux vous l'assurer.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah non ! S'il n'en reste qu'un à n'en pas faire de billet, je serai celui-là.

      Supprimer