merlin

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vendredi 6 décembre 2013

Un personnage injustement calomnié !

"On a dit beaucoup de choses désobligeantes sur le Père Noël, oubliant qu'il fait partie de ceux qui nous ont appris à rêver et à pressentir naïvement, c'est à dire spontanément, l'infini avec ses terrifiantes beautés : l'enfant atteint le sacré par le biais du merveilleux. On a dit beaucoup de charmantes ou agaçantes mièvreries, d'inexactitudes aussi à son sujet, ignorant manifestement la longue chaîne et les ramifications de l'antique lignage qui nous l'a transmis, tant il est vrai que presque toutes les histoires commencent par être une histoire de famille !

On a en particulier confondu son aimable et opulente figure avec de cyniques intentions commerciales qui ont tendance à envahir notre univers de décembre, mais le Père Noël n'y est pour rien. Bien sûr, les marchands ont joué leur rôle dans sa popularité devenue cosmique, mais ils ont simplement exploité la surface de sa personne, et aussi toute sa prodigalité, ce qui est après tout leur métier.

Mais non, le Père Noël n'est pas une invention des marchands du temple. Le Père Noël est une manifestation vénérable d'une très ancienne histoire, il en est une incarnation au même titre que son célèbre double ou parent, saint Nicolas, dont il partage en effet bien des traits ; outre leur parenté, ils sont certainement liés par une sympathie originelle qui a permis et accentué une contamination profonde et réciproque. 

On a parfois posé leur parenté en terme de filiation directe - le Père Noël "descendrait" de saint Nicolas - d'ailleurs pour en contester aussitôt le bien-fondé. A notre sens, la question se pose en des termes tout autres. Ce qui importe, ce n'est pas tant la filiation que le "cousinage", c'est-à-dire, en termes de sémiologie, les jeux de contamination analogiques : nous sommes dans l'immense domaine de la poésie, du langage et du mythe, nous nous trouvons sur le continent du sacré qui ne s'appréhende ni ne se dit qu'à travers des chiffres nécessitant des clefs, à travers des représentations, des images, à travers des comparaisons, donc.

Prétendre remonter aux origines d'une grande figure ancestrale est à peu près aussi illusoire et vain que, pour le philologue, l'obstination à pourchasser le manuscrit O, l'archétype d'un ancien texte : le premier manuscrit parlant du Graal par exemple, ou le premier Roland qui nous livrerait du même coup l'identité de l'auteur."

Histoire véridique du Père Noël, Karin Ueltschi, Editions Imago, 2012.

Profitons aussi de ce beau jour pour souhaiter une bonne fête à Nicolas Jégou, inlassable blogueur de gouvernement dont le dévouement doit être salué. Il n'est pas difficile de chanter les louanges d'un grand homme : tout Achille trouve son Homère. Chanter les louanges d'un homme normal demande déjà plus d'adresse. Mais faire, semaine après semaine, le panégyrique d'une fraise des bois, alors même que tous les autres l'abandonnent, et qu'en son for intérieur on n'est pas dupe de ses supposées qualités ? Voilà qui réclame une loyauté sans faille et un talent certain ! Tant de fidélité recommande M. Jégou à l'admiration des gens de bien : il est le La Rochejaquelein de notre temps !

Continuez, Nicolas ! Ne baissez pas les bras ! Nous vous aimons, et nous avons besoin de vous !

8 commentaires:

  1. Merci ! (Pas le temps de commenter)

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    1. Réunion terminée.

      Jj'avais fait un billet sur l'histoire du père Noël, l'an dernier, je crois que c'était le six ou sept décembre.

      Des recherches Google à ce sujet son mon premier apporteur de visites !

      Encore merci.

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    2. Mais de rien.

      Je vais ajouter "Père Noël" à mes libellés, histoire de voir si ça attire du monde.

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  2. Ah, non, vous vous gourez grave [sa race]. Saint Nicolas est originaire d'Irak et Noël vient de Nawel ou Naouel (prénom arabe).
    Comment je sais tout ça moi ? Ben je l'ai appris là : http://spartakiste.blogspot.fr/2012/08/rappel-la-culture-pour-les-nuls.html, dans les commentaires.

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    1. Céleste ciel ! Vous revenez de chez celle dont il ne faut pas prononcer le nom ? Je n'ose pas m'y aventurer ! J'ai bien trop peur d'en perdre la raison, comme de la contemplation des dieux monstrueux de Lovecraft.

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    2. Bien au contraire. Il y a des choses excellentes par nature qui se bonifient avec le temps. Si si, c'est possible.

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    3. De même, le prénom de Nicolas serait une déformation de Bouboulas, grand chef d'État africain du XIIIe siècle avant Bokassa 1er, scandaleusement absent des manuels scolaires ethnocentrés dont nous bourrons le crâne de nos chères têtes crépues.

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    4. Je n'en ai jamais douté.

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